TOURISME ET TERRORISME

March 14, 2016

En discutant ce matin autour de moi de l’attentat survenu hier à Grand Bassam, en Côte d’Ivoire, les constats se rejoignaient que la carte des destinations touristiques où l’on a envie d’aller en vacances (et non celles où le travail nous conduit, parfois de mauvais gré) s’est considérablement réduite depuis la multiplication des actes de terrorisme.

 

Difficile de se projeter entrain de se reposer en famille, avec l’idée qu’un fanatique peut surgir à tout moment une arme de guerre à la main…

 

C’est bien ce que veulent les têtes pensantes des organisations terroristes : déstabiliser les économies pour fragiliser la société et attirer les plus vulnérables à adhérer à leur cause. Une poignée de billets pour un fusil d’assault et des milliards d’euros de conséquences économiques, le plus fort des leviers.

 

Du coup, j’ai cherché si des études avaient fait le lien entre la survenue d’attentats terroristes et la fréquentation des touristes. Et retiré, de leurs conclusions, quelques éléments inattendus.

 

Bien sûr, les effets d’une attaque sanglante et spectaculaire sont immédiats sur les touristes en cours de séjours (demandes de rapatriement) et sur les réservations à court terme (pic d’annulation). Mais les voyageurs ont la mémoire courte et dans la plupart des pays, les touristes reviennent vite (13 mois d’après une étude du World Travel and Tourism Council). Sauf si il y a récidive de l’attaque, comme dans le cas de la Tunisie frappée au Musée du Bardo (18 mars 2015), sur une plage à Sousse (26 juin 2015), Tunis (24 novembre 2015), sans compter les attentats à proximité de la frontière libyenne. Dans le cas tunisien, les complexes touristiques sont désertés et l’impact économique désastreux.

 

Mais au vu des drames ayant touché plusieurs villes ou capitales de premier plan, une forme de fatalité ou d’amnésie semble s’imposer : après les attentats d’Al Qaida à Madrid (11 mars 2004) ou à Londres (21 juillet 2005), le fléchissement de la fréquentation touristique n’a été que très ponctuel. Les attaques de 2015 perpétrées à Paris (Charlie et Hyper Casher en janvier 2015 et attentats du 13 novembre 2015) sont encore trop récentes pour disposer de statistiques précises mais des tendances se dessinent. Il est certain que l’impact a été fort sur certains secteurs (grands magasins, salles de spectacles et tourisme notamment sur le segment haut de gamme) mais pas tant que l’on aurait pu le craindre : les parisiens sortent, vont au restaurant, prennent les transports en commun.

 

Nombre d’experts concluent ainsi à la résilience du secteur touristique et de l'économie, même à court terme. Paradoxalement, un pays est plus long à se relever d’une catastrophe naturelle car les infrastructures sont détruites et leur reconstruction (souvent plus de deux ans) conditionne le retour des touristes.

 

Les fanatiques moins forts que Dame Nature.

 

PS. Ma peine pour la Côte d'Ivoire que je connais bien et que j'aime profondément. Et ma compassion pour les victimes et leur famille.

 

 

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